Une histoire de fous – John Katzenbach

Une enquête à la vision déformée mais je regrette un début trop long


Dire que ce roman m’a eu par surprise serait totalement faux à la connaissance du titre à la fois limpide mais tout de même finalement assez flou, « Une histoire de fous ».

Première prise en main le livre est conséquent 547 pages grand format, il y a de quoi faire surtout s’il s’agit d’opérer une plongée dans la folie.

Encore une fois je ne connais pas l’auteur mais la mention sous le titre, « l’auteur de l’Analyste » et la 4ème de couverture me laissent imaginer que les cinq cents et quelques pages de l’oeuvre ne seront sans doute pas toujours parsemées d’histoires drôles.

En effet, elles ne le sont pas.

Ou en tous cas, pas drôles dans le sens de l’amusement. Peut-être drôles qui signifie bizarre. Oui pourquoi pas, de drôles d’histoires au sens de leur étrangeté.

 

J’ai aimé « Une histoire de fous », je l’ai même lu passionnément jusqu’à la dernière ligne, pourtant les premières ont été assez laborieuses, j’ai failli renoncer, j’ai reposé le livre, je l’ai ré-ouvert, retourné, scruté, j’ai fait des pauses.

Mais j’avais éprouvé ce petit truc qui me passionne dans les enquêtes de police, ce soucis du détail dans la vision des scènes, et les personnages qui me pousseraient sans aucun doute à continuer.

Et c’est effectivement ce que j’ai fait.

J’ai continué, j’ai persévéré, je n’ai sauté aucune page et aux alentours du chapitre 4 et de la page 66, « Une histoire de fous » s’est enfin ouvert à moi.

 

Son atmosphère pesante à travers les couloirs de l’hôpital psychiatrique et les labyrinthes personnels de chacun, ses protagonistes taillés dans la pierre, brutes de décoffrage mais aussi fragiles comme les quelques souvenirs clairs qu’ils possèdent encore…

L’ambiguïté du héros torturé par les voix dans sa tête et oublié là par sa famille qui pourrait avoir une part sombre se révélant peu à peu à travers des visions… Et celle de son compagnon, plus sain d’esprit au regard de la médecine, capable d’une humanité et d’une compréhension profonde, mais plus trouble aussi.

Je les ai aimé ces personnages fictifs, tous tellement vrais et précis dans leurs descriptions, dans leurs actions, leurs façons d’être, leurs réactions les uns aux autres.

Rarement en fait je n’avais lu une description aussi « cohérente » de la folie.

Les hôpitaux psychiatriques et leurs hauts murs fermés, hermétiques, capables d’écraser, d’étouffer tout ceux qui se trouvent à l’intérieur …

Les médecins puissants, leurs avis et les évaluations qui font dans le monde de la folie, de la vie ou de la mort, la pluie et le beau temps …

Les patients, qui se comprennent souvent peu entre eux, qui ne se connaissent pas, pour certains ne se reconnaissent pas mais les affinités aussi. Comme des rayons de lumière à travers un monde d’ombres, de peurs et d’opacité.

Ces affinités, ces amitiés sont précieuses et permettent à chacun d’avancer, de ne pas sombrer …

J’ai trouvé ce livre passionnant, très bien écrit tant au niveau de sa structure que de l’intrigue criminelle qui se joue et se dénoue au fil des pages, des jours qui passent, semblables les uns aux autres, à l’intérieur de l’hôpital …

 

Mais assez d’avis personnel, place au résumé

 

Francis Petrel est un jeune homme plutôt calme et intelligent. Mais à la suite d’un accès de colère, sa famille décide de le faire interner en hôpital psychiatrique à son plus grand désespoir.

Il ne comprend pas, se sent prisonnier, perdu et rejeté. Seules quelques affaires le relient encore à son ancienne vie …

Il découvre alors un monde sans cœur, sans compréhension, peuplé de malades laissés à leur sort, de médecins qui s’en désintéressent complètement, des prescriptions, de piqûres, d’accès de folie, de calmants et d’infirmiers parfois concernés, mais toujours débordés.

Vingt ans après être sorti de l’hôpital aujourd’hui désaffecté, une cérémonie commémorative le replonge dans des souvenirs qu’il aurait préféré oublier comme celui du meurtre sauvage, à son étage d’alors, d’une jeune infirmière surnommé « Blondinette » et de l’enquête qui s’en était suivie.

La rencontre avec Peter le Pompier, avec l’impressionnante substitut du procureur aussi, les frères Moïse et les vies brisées qui vont en découler …

Commencez votre lecture dès demain :
Une histoire de fous
Date de parution 20/10/2005 Éditions Presses de la Cité
EAN 9782258066229 Collection Sang d'encre
Nombre de pages 547 Format Grand Format

Next Post

Previous Post

Leave a Reply

© 2017 Plumepics

Theme by Anders Norén


Plus de couvertures, de livres et de commentaires signés Plumepics, chez LivrAddict et sur Twitter sans oublier de retrouver ma plume personnelle avec Short Edition.