Scène de crime virtuelle – Peter May

Quelques aspects « bâclés » mais un policier agréable à lire


J’ai fini ce livre hier, seule, dans un vieux train aux alentours de 21h. Autant vous dire que je n’en menais pas large.

Dans la sélection polars et romans policiers sachez pourtant que si c’est le frisson que vous recherchez, il vaut mieux passer votre chemin et revoir votre choix.

« Scène de crime virtuelle » possède en effet une bonne intrigue et une narration intéressante sous forme de nombreux dialogues mais n’a rien du thriller psychologique ou violent qui vous fait trembler sous la couette ou gamberger toute la nuit. Cela dit, l’histoire donne envie de savoir jusqu’où elle va et comment elle se termine, donc je peux dire que j’ai apprécié ce livre.

Je l’ai commencé le 24 mars au matin dans le train qui m’emmenait vers le Salon du Livre à Paris, et je l’ai terminé le soir-même tel que je vous le notifiais en introduction.


Pour tout ceux qui se poseraient la question de savoir comment une scène de crime peut être qualifiée de virtuelle et qui voudraient se lancer dans les 333 pages du roman de Peter May, une précision me semble importante.

S’il n’est pas indispensable pour comprendre le livre d’avoir déjà joué au jeu en ligne Second Life (un lexique est inclus dans les premières pages de l’oeuvre), la connaissance de ce monde virtuel est indéniablement un atout majeur qui vous permettra de vous immerger un peu plus dans les propos des personnages qui passent une partie de leur temps sous forme d’avatars dans l’interface.

Ainsi la dualité qu’ils ressentent entre leur « moi » réel et leur « moi » virtuel vous paraîtra peut-être plus évidente.


Je vous disais donc que j’ai plutôt apprécié ce livre qui m’a tenu compagnie sur les rails, un lieu d’ailleurs plus que propice à une lecture empreinte d’imaginaire.

J’ai aimé l’idée des deux mondes, j’ai trouvé intéressant d’inclure Second Life dans un roman policier et je dois aussi saluer la fidélité de l’auteur (qui s’est lui-même transformé en détective fait de pixels) au jeu, à son univers, son côté addictif et parfois perturbant.

J’ai trouvé par-contre que si l’intrigue était plutôt de bonne qualité, les ficelles étaient parfois un peu grosses, les codes un peu tranchés qu’il s’agissent des situations ou des personnages, et bizarrement l’histoire par moment trop complexe dans sa simplicité.

Je m’explique.

Un enquêteur perd sa femme et avec elle toute sa fortune. Profondément triste il ne parvient pas à tourner la page jusqu’à ce que sa psychiatre (blonde et sexy) ne lui propose de suivre une thérapie en s’inscrivant dans un monde virtuel où il pourrait être qui il veut.

S’ensuit une série de meurtres « à but lucratif » que l’on veut mettre sur le dos de l’enquêteur désigné victime idéale.

Mais tout c’est sans compter avec la collègue insignifiante mais amoureuse de l’enquêteur, l’intervention de la mafia et les décors de carte postale des villas de rêves avec yacht et caves à vin personnalisées.

L’auteur a voulu compiler selon moi un peu trop d’éléments différents appartenant au même univers, ce qui, à défaut d’enrichir le livre, lui donne parfois un goût de « déjà vu » et même un léger aspect « brouillon » avec des pans entiers moins travaillés.

 

Mais assez d’avis personnel, place au résumé

 

Michael Kapinsky a perdu la femme de sa vie en quelques jours des suites d’un cancer diagnostiqué trop tard six mois plus tôt.

Face à ses dettes, l’homme est obligé de reprendre son activité professionnelle, à savoir l’analyse scientifique des lieux de crimes pour la Police de Californie.

Sur l’une d’elle, il aperçoit pour la première fois le logo d’un univers virtuel dont il apprend qu’en s’y inscrivant chacun peut devenir qui il veut et surtout faire oublier qui il est.

Malheureusement pour lui Michael n’y trouvera que peu d’instants de repos et partira même à la rencontre de ses pires cauchemars allant jusqu’à perdre absolument tous les repères qu’il pouvait avoir jusque là.

Commencez votre lecture dès demain :
Scène de crime virtuelle
Date de parution 02/09/2015 Éditions Actes Sud
EAN 9782330053246 Collection Babel noir
Nombre de pages 332 Format Poche

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